Contribution Ibrahima Nour Diagne.

Elle est juste perdue dans les arcanes de sa mutation et ne parvient pas à mobiliser ses meilleures intelligences pour relever le défi de sa survivance.
Le débat politique actuel en France est vicié par une surenchère raciste, que certains médias acceptent, à ma grande surprise, d’en faire l’écho.
La France est-elle une nation blanche, judéo-chrétienne ?
A l’évidence non. La France est un rassemblement. Ceux qui exigent d’elle cette qualification sont le plus souvent eux mêmes, incapables de justifier leur filiation avec la France sur plus d’une génération.
Mais plus largement, tant que la France conservera son prolongement territorial aux Antilles, en Guyane, en Polynésie sans oublier la réunion, Mayotte,…elle devra accepter qu’elle est multiculturelle, multi confessionnelle et multiraciale.
Venons-en maintenant à l’immigration. La France peut elle refaire son histoire coloniale et soustraire de sa conscience sa responsabilité dans la composition de sa démographie ?
La France n’existe pas sans son histoire et son histoire n’existe pas sans les vérités crues de son œuvre passée et présente avec les peuples des nations qu’elle a dominé.
Il faut distinguer les défis de l’immigration contemporaine qui est la résultante du mal être des jeunes issues des pays dits pauvres ; des défis de l’intégration des communautés en France.
Ces questions sont complexes et ne peuvent être résolues qu’avec la clairvoyance du génie français et en toute sérénité.
Ce n’est pas une histoire de générosité mais une exigence de réalisme.
Une France fermée et raciste est une petite France qui ne pourra plus rayonner ni culturellement, ni économiquement, ni sportivement, ni géopolitiquement.
En réalité, l’enjeu qui se joue dans le débat politique français sur les questions de race et de religion constitue un tournant qui forcément réconciliera les français avec le réalisme.
Dans le monde entier, la responsabilité des élites, c’est de consolider les acquis civilisationnels pour garantir les cohésions, et non d’attiser la rancœur des ignorances pour imposer des clivages dont nul ne tirerait profit.
Mon Sénégal a aussi ses défis, mais n’a pour l’instant jamais ouvert le livre des ambiguïtés raciales et religieuses pour y trouver les ressorts de sa grandeur.
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