CFA, ECO, CACOPHONIE

Je ne suis ni économiste ni financier. Mais j’en ai plus que assez en tant que citoyen lambda, de voir toutes ces gesticulations et ses contorsions malsaines autour du Franc  CFA.

Le Ghana, la Guinée, la Gambie, le Cap Vert, la Mauritanie, le Nigeria, la Sierra Leone, la Zambie, le Mozambique, l’Ouganda, l’Angola, la  Tanzanie, la RDC, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, l’Éthiopie, le Kenya la Namibie, … et bien d’autres, ont chacun leur monnaie.
Qui peut me dire en quoi un seul de ces pays est à l’agonie face aux pays de la zone CFA  ???
Le « Miracle Ivoirien » s’est fait avec le Franc CFA, me dit-on ! Oui mais, on connaît la suite, le Ghana, le Kenya et même l’Éthiopie sont  depuis, passés devant !..  Et surtout le Rwanda est en plein essor avec son franc Rwandais ! Ça fait réfléchir …

Arrêtons de nous faire balader dans tous les sens par des gens qui ont leur propre agenda.

Que nous apporte concrètement ce Franc CFA au regard des potentiels de nos États face à ceux qui, courageusement ont choisit de prendre en mains leur propre système monétaire ?
Nous manquons juste de courage, de prospective, de responsabilité, de vision et surtout du sens du sacrifice de soi pour les générations  futures. Et ce n’est pas rien ! Là est toute la différence entre nous et les autres.

Nous voulons à la fois semer, récolter et consommer tout, de notre vivant.
Nous n’avons aucune projection de nos sociétés dans le moyen, le long et le très long terme.
Nous sommes constamment dans l’immédiateté de nos petits intérêts du moment présent, là où d’autres projettent et conçoivent ce qu’ils  veulent pour leurs sociétés dans les 50 années à venir.
Franc CFA, Eco ou autre chose, aucune monnaie n’est en soit un miracle.

Le miracle se trouve dans le don de soi, dans l’amour de la Patrie, et tout simplement dans la réalisation de soi au sens le plus élevé du terme. En l’occurrence, la maîtrise du système monétaire et économique devrait être l’évidence de la souveraineté affirmée de la patrie dont on a le privilège de présider à la destinée.

Avant de s’intégrer dans de grands ensembles régionaux, il me semble indispensable d’affirmer d’abord notre propre indépendance structurelle pour mieux évaluer le bénéfice à tirer de cet ensemble. Cela me paraît un pré-requis fondamental qui permet une saine appréciation de sa propre capacité à converger vers un meilleur devenir.

Avec ou sans Franc CFA, rien ne changera si les mentalités n’évoluent pas vers un autre rapport avec le travail.

Il nous faut véritablement et sans faux fuyant, intégrer à la fois, dans notre manière d’être et dans notre perception de la marche du monde, le sens de la responsabilité  et une autre dynamique d’approche de nos priorités.

Plus de 60 ans après nos « Indépendances factices », nous sommes encore sur les mêmes routes coloniales, les mêmes ports coloniaux,  les mêmes hôpitaux coloniaux, les mêmes écoles coloniales, les mêmes bâtiments administratifs coloniaux, les mêmes  marchés coloniaux et parfois les mêmes palais présidentiels coloniaux !…

Pendant ce même temps certains de nos dirigeants  sont devenus subitement des milliardaires avec des salaires de fonctionnaire ! Ils se  sont bâtis des fortunes capables de financer la réalisation d’innombrables infrastructures modernes. Et pourtant aucun d’entre eux n’est l’héritier d’un  riche industriel connu !…
Tout le monde le sait et tout le monde se tait.

À force de toujours vouloir une chose et son contraire, que voulons-nous à la fin !?!

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