Certains des Chefs d’État d’Afrique et/ou leurs principaux compagnons et collaborateurs des années 1960, sont nés et ont vécu leur tendre enfance dans des villages typiques des profondeurs de l’Afrique comme celui-ci.

Après leurs études primaires dans la bourgade la plus proche à peine mieux lotis, Les plus chanceux ont atterri dans les collèges de la capitale régionale ou du pays, encore sous administration coloniale.

Une fois intégré dans la haute administration du pays nouvellement indépendant, ils ont découvert la métropole colonisatrice, soit à la faveur d’une mission officielle, soit en voyage d’agrément.
Cette première prise de contact avec la métropole, a été un choc brutale pour la plupart d’entre eux. Un autre monde, on dirait même une autre planète étalait tout son faste et toutes ses merveilles sous leurs yeux incrédules.

Choc ou émerveillement, ces villageois de cases en terre battue couvertes de chaume, à peine remis de l’enchantement où les avaient plongés la vue des bâtiments coloniaux de leur capitale, se retrouvent immergés dans0 la gigantesque ville aux larges avenues encombrées d’autos vrombissantes, de la métropole.
La rupture d’avec leurs univers est si brutale que les pauvres fonctionnaires, perdu dans cette immensité insolentes, en perdaient presque l’objet de leurs missions.
Avec le recul, il est permis d’imaginer que cela a particulièrement contribué à leur docilité devant les sollicitations de leurs homologues métropolitains et « instructeurs ».
En effet il semblerait que ce fameux complexe d’infériorité de certains dirigeants africains ne serait pas uniquement dû à l’atavisme ou si l’on préfère, au syndrome du colonisé. La fascination de la Métropole a certainement été si forte sur certaines élites africaines de ces années 1960, qu’elles en sont arrivées à préféré celle-ci à leur pays, noyant ainsi le patriotisme dans l’intérêt personnel individuel. Tout le monde a en mémoire les acquisitions fastueuses de châteaux et d’appartements huppés, richement meublés et de luxueuses automobiles, timidement et sélectivement baptisés de “biens mal acquis”. Quid des receleurs !
Si l’on ajoute à la séduction visuelle, la mielleuse accommodation sciemment offerte à dessein, il ne faut dès lors pas s’étonner de la facilité avec laquelle des contrats et autres accords léonins ont été conclus à la va-vite et en catimini, à l’avantage de l’hôte ! C’est en effet connu, il ne suffit pas de savoir séduire, il faut également être attrayant !
Pour se soulager la conscience de cette grossière concupiscence, il fallait en retour, offrir du mirage à leurs populations.
Alors certaines capitales africaines autrefois petites bourgades, ont pompeusement été transformées en “perles”, côté jardin.

Même si côté cour, le spectacle était moins étincelant.

Qu’importe, pour une population née ici :

Le côté cour apparaissait bien évidemment comme une évolution que l’on ne pouvait pas se permettre de bouder ! Armée d’une foi inébranlable, l’espérance de lendemains meilleurs était plus dure que les taules rouillées de son taudis.
Pauvre Afrique malade, toujours trahie par ses élites obnubilées par l’appât du gain facile personnel, au détriment de son devoir élémentaire de donner le meilleur d’elles-mêmes au service du bien-être collectif de ses populations dont elles se sont auto-proclamées les guides éclairés.
Demain sera un autre jour chère Afrique. ✌🏾