Une grande histoire est sans doute entrain de s’écrire au Mali. Peut-être est-ce le prémice d’un tournant de l’Afrique ! Peut-être aussi est-ce juste une tempête dans un bocal !
C’est aux Africains de s’engager véritablement dans une dynamique de changement pour prendre le contre-pied de l’autre et entrer suffisamment dans l’histoire de l’humanité moderne. Mais ne dit-on pas qu’une hirondelle ne fait pas le printemps ?!
Combien d’africains s’engageront dans cette dynamique de leur histoire au détriment de leur zone de confort, même précaire ?
Pour certains, le syndrome de Stockholm a fini de tétaniser tout un continent qui semble s’accommoder de ce paradoxe du mourant de soif au bord d’une source d’eau fraîche.
Pour d’autres la prégnance du rapport de force entre l’Afrique et les autres continents ne lui laisse aucune chance pour une alternative favorable.
Le problème du « Néo-Africain », est la complexité de l’agression culturelle et identitaire entreprise depuis le 7ème siècle, d’abord par les Arabes et ensuite par les Européens, avec les « conquêtes, l’esclavage à échelle industrielle et les violentes colonisations spatiales, mentales et spirituelles.
La destruction a été si profonde et si méthodique que le premier rideau d’adversité est d’abord le frère intérieur, fier de plaire au maître.
Autrement dit, dans bien des cas, il faudrait d’abord en découdre avec son frère de sang avant de pouvoir se dresser contre l’envahisseur extérieur.
Mission sans doute possible, mais le goût de la victoire risque d’être très amère.
C’est un choix à faire ! L’amertume ombilicale contre la zone de confort “esclavagisant”.
Il n’y a-t-il pas un juste milieu pour adoucir la coupe ???
C’est maintenant qu’il faut faire preuve de prospective, d’intelligence, de sincérité et de générosité, mais aussi de rigueur.
Il est absolument nécessaire de prendre de la hauteur pour tenir fermement les manettes de ce qui se prépare.
Les grands humanistes et les sages de cette planète devront mettre leurs compétences à contribution. Il y va de l’intérêt de toute l’humanité dont l’Afrique dit-on, est le berceau. il leur faudrait cependant se départir au préalable des relents identitaires dans ses versions suprématistes avilissantes et nauséabondes. Il est indubitable que des relations intercontinentales plus pacifiques, plus justes, plus éclairées, plus empathiques et plus fraternelles rendraient le monde des humains encore meilleur !
Les Politiques ont montré leurs limites. L’on ne compte plus les mensonges, les turpitudes, les trafiques d’influence et les rétropédalages qui n’émeuvent plus personne. Leur égo surdimensionné les préserve de tout remord.
Que les apprentis révolutionnaires se ressaisissent et s’assurent que leurs amis d’aujourd’hui ne seront pas demain, les amis de leurs adversaires désignés d’aujourd’hui.
Les États n’ont pas d’amis, seuls les intérêts du moment favorisent les alliances.
Les dirigeants Maliens ne doivent pas oublier que dans le jeu d’influence de la géopolitique internationale, les mouvements de tiroir sont monnaies courantes sur le dos des candides. « je te concède ceci ici, et, là-bas tu détournes le regard »
Il est à craindre qu’une aventure stratégiquement mal préparée n’aboutisse à une situation qui risque de plonger toute la sous-région dans des abysses encore plus profond et plus obscures que ne l’est le point de départ actuel.
Toute réaction uniquement basée sur la révolte primaire, l’impétuosité et l’égo, produit rarement le résultat escompté. Il est donc important de garder la tête froide, pour se faire une idée précise des orientations choisies afin d’en mesurer objectivement les forces et les faiblesses potentielles en présence.
Il apparaît donc raisonnable de privilégier la recherche d’une plus large adhésion aussi bien intérieure qu’à l’extérieur, par la persuasion en mettant de côté l’orgueil et le populisme. Bien au contraire il urge de tout mettre en œuvre pour convaincre les dirigeants ouest africains, du bien fondé du processus engagé. Évidemment il y aura parmi eux des irréductibles affidés de l’establishment. Mais ceux-là, les « collabo », devront certainement assumer leur position à l’heure du bilan.
Les hommes passent quand vient le dernier souffle, ce dernier souffle de chacun n’est pas pour autant, l’ouragan du millénaire qui emporte tout sur son passage. Le jour d’après sera après chacun de nous, et, la vie sera encore et imperturbablement sans chacun de nous.
Une mèche a été allumée au Mali à cause de l’arrogance et du dédain de ceux qui n’ont pas compris que chaque 31 Décembre nous éloigne du temps des colonies. On a coutume de dire en Afrique, que l’on ne peut guère arrêter la déferlante de l’océan avec ses bras. Il arrive naturellement qu’à un moment, les enfants s’émancipent et quittent le nid parental. Ils s’établissent et deviennent des alliés, libres de leurs choix de vie. Vouloir les cantonner indéfiniment dans l’enfance et décider de tout pour eux, produit inévitablement des heurts regrettables, source de potentielles fractures irréductibles.
Il est évident que le cas Mali se démultipliera partout ailleurs, tant il est vrai que les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Quant à l’organisation CEDEAO créée sous l’égide d’un général putschiste (Gal. Étienne Gnassingbé Eyadema) il y a 47 ans, elle a manqué de tempérance et risque tout simplement l’implosion. Seule une profonde réforme pourrait la sortir de la trajectoire retour de son propre boomerang.
Qui voudrait être à la place de ses dirigeants actuels, tant la vomissure générale suscitée est nauséeuse !
Quant à ceux qui n’ont pas encore compris que tout un continent ne peut indéfiniment exister à la remorque des autres, seul l’aboutissement favorable de ce processus d’auto libération pourrait sonner le réveil de leur propre identité encore engourdie et obnubilée par leur douillet zone de confort aléatoire.
À tous ceux qui, visiblement, n’ont pas vraiment évolué dans leur perception du monde, qu’ils comprennent enfin qu’une terre habitée n’est plus un espace à conquérir. Il n’est plus ni possible ni nécessaire d’asservir pour se servir. Tous les regards convergent désormais vers ce qu’il est convenu d’appeler, “le commerce équitable”, une version moderne du troc où personne n’a le sentiment d’être spoliée ni abusée. Pensez-y à l’occasion !
Article très juste et très bien écrit.
J’aimeAimé par 1 personne