LES JOURS D’APRÈS POUR L’AFRIQUE …


Quel est aujourd’hui l’impact de la guerre en Ukraine sur les économies africaines ?
Il y a très peu d’analyse sérieuse et pertinente sur la question.
On peut toutefois imaginer sans peine que la situation est très variable d’un pays à l’autre comme d’un point de vue à l’autre.
Pour des pays qui ont une dépendance non négligeable des importations de produits alimentaires comme le blé et ses dérivés, l’impact se fait sans doute déjà très fortement sentir.
Pour d’autres, l’impact est certainement ressenti à travers le renchérissement des produits énergétiques.
Le prix du carburant à la pompe connaît déjà une hausse générale partout dans le monde certes, plus ou moins contenue. Mais additionnée à l’évolution du coût de certains produits manufacturés importés, eux-mêmes assujettis à l’augmentation des coûts des transports et de production, l’ensemble commence à alléger significativement le portefeuille des ménages.
Le bon sens emmène, somme toute, à considérer la logique en chaîne de la situation.
En effet, dans un monde aussi interdépendant, l’onde de choc d’une crise aussi importante que cette guerre, se propage inévitablement aux quatre coins du globe.

Par contre, à la fin de la guerre dont personne ne peut prédire l’issue, ni dans un sens ni dans l’autre, ni comment, ni quand, il y aura très probablement, entre autres, une conséquence très inattendue mais déjà prévisible, pour les pays et les économies africaines.

À la fin de la guerre froide, au lendemain de l’effondrement du mur de Berlin, il y a eu une sorte de réorientation des priorités. Beaucoup d’entreprises de l’Europe de l’ouest avaient préféré les pays de l’Europe de l’Est à l’Afrique. Elles en avaient fait leur nouveau marché et leur nouvelle terre d’implantation, sans doute au nom de la proximité de Civilisation ! Ou peut-être à cause d’un niveau de qualification de la main-d’œuvre plus élevé, ou encore de l’existence d’infrastructures, certes obsolètes, mais existantes !
Ce mouvement avait été le point de départ de nombreux désengagements de l’Afrique pour certains pays.
Il n’y a aucune raison qu’à la fin de cette guerre chaude, le même scénario ne se reproduise pas. Car il faut se rendre à l’évidence que cette pluie d’aides en tous genres déversées sur l’Ukraine ne se fait pas sans calcul sur un retour sur investissement sous forme de positionnement géo-économique à venir.

On peut donc, parier sans risque, que la reconstruction de l’Ukraine sera dans un avenir plus ou moins proche, le nouvel eldorado des firmes européennes, voire même des programmes d’aide et d’assistance de certains organismes internationaux et de nombreux gouvernements européens.

L’Afrique sera, une fois encore, reléguée à la réelle place qu’elle occupe dans l’affecte profond, c’est-à-dire après les Proches par la similitude de civilisation.
Le narratif du soi-disant « sentiment anti-occidental » servira parfaitement de justificatif pour se donner bonne conscience.
Il ne coûte rien aux Dirigeants et Décideurs Africains de prendre dès à présent les dispositions pour en minimiser les impacts éventuels. Ne dit-on pas gouverner c’est prévoir !  À bon entendeur, salut…

Que personne ne vienne pleurnicher demain sur la misère en occultant la carence et le manque total de proactivité inacceptable de nos hommes politiques dont, à quelques rares exceptions près, les seules compétences avérées sont celles de l’accaparement des richesses de leur pays à leur seul profit aux bénéfices de leurs proches et de leurs clans.

Que personne ne vienne abreuver l’Afrique de prêts alambiqués dont les services maintiennent les Africains dans une dépendance quasi éternelle.

Que personne ne permette à ces Dirigeants, incapables de définir clairement des projets de société endogènes pertinents susceptibles d’adoucir les conditions de vie calamiteuses et précaires de leur populations, de soumettre leur pays à de soi-disant ajustements structurels. Nous savons tous que ces sulfureux programmes dont le seul objectif inavoué, pourtant gros comme le nez dans le visage sauf pour ces valets locaux, sont de cantonner les Africains dans un rôle d’éternels consommateurs de produits importés manufacturés à partir de leurs propres matières premières, ne sont rien d’autres que des mécanismes d’annihilation de toute velléité d’industrialisation nationale.

Si les Africains se laissent rouler dans la farine une énième fois encore, au son de belles paroles hypocrites, ils peuvent dès lors se considérer dans une nouvelle allégeance pour au moins un nouveau siècle à venir.

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