
La Paix, rien que la Paix. Rien absolument rien ne mérite la mort d’un seul Être humain. C’est pour moi une évidence non négociable. La vie est sacrée, cela doit être un principe intangible.
Lorsque au début des années 1990, sous la houlette du Président Français François Mitterand, les pays Africains furent invités à instaurer la Démocratie, j’étais de ceux qui avaient été sceptiques, voire opposés à ce qui me semblait alors, être une marche forcée.
La Démocratie comme la Liberté et le respect ne se décrète pas ex nihilo, disais-je à cette l’époque là. Pour moi, la Démocratie est le résultat d’un long processus de maturation mentale fait de luttes et d’acquis sociaux et politiques en rapport avec l’environnement socio-politique et culturel d’une Communauté donnée.
J’aurais mille fois aimé avoir tort ! Jugez-en vous-mêmes.
Sans y avoir été mentalement et structurellement préparés, les jeunes États Africains, à peine sevrés de la tutelle coloniale, ont été enjoints de s’embarquer dans un système dont ils n’avaient absolument pas le mode d’emploi ni une pratique satisfaisante éprouvée.
Comme on pouvait s’y attendre, la Démocratie a été naturellement dévoyée par une élite africaine trop heureuse de la tropicaliser à la sauce bananière.
Perfide comme mille charlatans de foire, cette élite s’est saisie de cette manne pour s’asseoir sur son Peuple et l’assujetir plus durement que ne l’aurait fait le plus perfide des rois cupides et insensibles. Telle une sangsue vorace, elle s’est employée méthodiquement à une coupe réglée pour plonger leurs populations dans le dénuement total afin de paraître comme les seuls sauveurs aux solutions providentielles pour ces dernières.
De Droite comme de Gauche ou du Centre, à l’unisson, ces pseudo élites ont systématiquement détruit l’école, la santé, l’habitat social, l’emploi, bradé les ressources entre copains et coquins mafieux de tous bords.
La Démocratie s’en est trouvée résumée à des élections pipées et truquées d’avance. Et, quand cela ne suffit pas, les copains de la bande taillent le costume qui sied aux coquins de service, à charge de juteux renvoie d’ascenseur !
Le démocratiquement élu devient alors le dieu tout puissant indéboulonnable. Quiconque ose toucher ne serait-ce qu’à une mèche de ses cheveux, s’attire les griffes et les crocs du carnet d’adresses de la nébuleuse Communauté pompeusement flanquée de l’attribut « international » politiquement Admis entre soi.
Dans cette Démocratie tropicalisée du désespoir, l’Exécutif a plus de pouvoir qu’un Empereur des temps anciens. Il a entre ses mains absolument tous les pouvoirs, exécutifs, judiciaires, militaires, de liberté et de privation. On emprisonne qui on veut, on enrichit et/ou appauvrit qui on veut, selon les saisons.
En définitif le Pouvoir de la présidence à vie du parti unique s’est drapé dans le manteau de la Démocratie taillée sur mesure.
Cela a plutôt bien marché avec des fortunes diverses çà et là avec la bénédiction du Maître, trop heureux à son tour d’être le « Père » , le gardien et le gendarme de sa démocratie apprivoisée.
Le hic est que, tant va la cruche à l’eau que le vase craque, se fissure et se casse.
Dos au mur, le bon peuple docile qui applaudit même quand l’on le prive de médicaments et d’argent par un embargo insensé, n’a plus rien à perdre désormais et, il est prêt à porter, même le diable en héro.
Les soldats, autrefois bras armé, fermes, inflexibles et dociles l’ont compris et, voudraient bien se mettre à la Table des rois sans y être gentiment invités.
Le bon peuple exténué trouve dans un dernier sursaut, suffisamment de force pour applaudir à tout rompre le méchant soldat d’hier à la besace remplie de gaz lacrymogène. Le nouvel ami qui a remplacé le canon de de lacrymogène par un somptueux débardeur rempli d’explosif devient le nouveau Messi. Le doigt sur la gâchette de son fusils d’assaut, il parade fièrement. Le peuple explose de joie dans un dernier hypothétique espoir.
Que cela plaise ou non, a-t-on vraiment le choix !? Le soldat est dans la place.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, telle une lente mais inexorable marche inéluctable, les douillets palais implosent les uns après les autres … 1,2,3 puis 4… à qui le prochain tour ?…
Ce ne seront certainement pas de pathétiques sanctions hâtives et non réfléchies du Club des “démocratiquement élus” au casino truqué qui tient lieu d’élections, qui changeront la marche d’un destin qu’ils ont eux-mêmes façonné par leur exécrables cupidités.
Au demeurant, à quel impact significatif vous attendez-vous dans un système informel savamment entretenu où à peine 25% des ménages sont bancarisés !
Si ce n’était pas tragique, on en rirait presque sans retenue tellement la mutation d’une Institution sensée œuvrer à l’avènement d’un mieux-être des populations, a connu une vulgurante dérive vers ce qu’il est convenu d’appeler l’Assurance-vie des Présidences à vie !
Quant à ces braves hauts fonctionnaires impuissants des Institutions monétaires et financières, n’oubliez pas votre mission non politique qui est de gérer par délégation un pouvoir de souveraineté à vous confié par des États en principe, détenteurs de cette souveraineté ! Par votre soumission illégale, vous acceptez le risque de scier par couardise, la branche qui vous héberge. Parfois, il faut savoir dire “non” pour rentrer dans l’histoire. L’histoire jugera.
Par pure indulgence d’esprit, je ne voudrais pas tirer sur le coursier. La faute, la très grande faute revient aux pseudo prétendus “pères” des non moins pseudo indépendances. Hélas, ils n’ont pas su refermer la parenthèse coloniale avant de transmettre l’héritage empoisonné à leurs successeurs, trop contents de s’installer dans les meubles du colon avec la servilité en bandoulière pour avoir droit au “p’tit déjeuner”.
Est-il trop tard ? Le vieil adage dit qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire.
À la jeune génération 2.0 de tout refermer et de remettre à l’endroit ce qui n’aurait jamais dû etre renversé. Et, s’il l’a été par accident, il est temps de corriger les faux-pas de l’histoire et de redonner Force et vigueur au génie africain avec ses millénaires d’Histoire, sans esprit de vengeance, sans haine, avec plus de justice, de tolérance et d’humanité.
N’oubliez jamais que le respect ne se quémande pas ni ne se décrète. Il s’impose dès lors que l’on se respect soi-même et les autres. Et le respect de soi, passe nécessairement par l’amour de soi et par l’affirmation de son génie dans son rapport équilibré avec l’autre. Sans complexe et sans narcissisme, redevenez ce que vous êtes et redonner de la Dignité à la mémoire de nos Ancêtres.
Quant aux valets atteints du syndrome de Stockholm, ayez plutôt de la pitié pour eux et espérons qu’ils en guérissent un jour.