SPÉCULATION !? L’Afrique sans les colonisations

Les positionnements géo-stratégiques sont entrain de reconfigurer le monde en pôles multiples.
Si l’Afrique a une réelle ambition de constituer un pôle déterminant dans la redéfinition du nouveau monde qui se dessine en ce début de 21e siècle, il me semble impératif  qu’elle se redéfinisse elle-même d’abord.

Je crois que la jeunesse Africaine doit plus que jamais nourrir cette ambition légitime avec audace et détermination. Elle a pour elle, l’avantage  de n’avoir pas connu la colonisation.
En outre, la très grande majorité des Africains colonisés est désormais dans le troisième âge. Il est donc venu le temps pour ce continent qui a tant donné et si peu reçu, de jouer lui-même sa partition sans aucun complexe d’aucune sorte.

On a souvent coutume de dire qu’on ne fait pas du neuf avec du vieux. Oui sans doute ! Mais il peut arriver que le vieux impulse la direction, surtout s’il n’a pas été corrompu. Alors me vient cette question complexe de pure spéculation :
Quel serait l’état du monde aujourd’hui sans la colonisation de l’Afrique par certains États Européens ?

L’histoire de l’Afrique a été marquée par une vague de colonisations qui a redessiné au crayon tout le visage et remodelé toute la destinée de ce continent agressé et mutilé du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Certes, quelques comptoirs marchands existaient déjà çà et là sur quelques zones côtières avec l’Orient, les Anglais, les Portugais et les Espagnols, mais sans impacter significativement le continent dans sa profondeur ethnologique…

Avec sa richesse en cultures diverses, en ressources naturelles, et en potentiels énergétiques exceptionels, l’Afrique a été profondément transformée par cette monstrueuse colonisation qui l’a dépecée, balafrée et complètement dénaturée dans son corps et dans son âme.
Mais qu’aurait été l’Afrique si les puissances européennes n’y avaient jamais mis les pieds en conquérants et imposé leur domination ?

Cet article explore les ramifications d’un tel scénario alternatif, envisageant un continent où la colonisation n’aurait jamais eu lieu. Le but est de permettre à la jeune génération de mieux repérer et explorer les points de relance et de reconnection vers de nouvelles directions. Si tu ne sais pas où tu vas, cherche d’où tu viens. Cela t’aidera certainement à trouver un meilleur chemin, dit-on.

Sans l’empreinte de la colonisation, l’Afrique aurait pu par exemple, voir l’émergence d’États-nations façonnés par des affinités ethniques, culturelles et linguistiques propres, plutôt que ces frontières arbitraires tracées lors de la Conférence de Berlin 1884-1885 sans les Africains. Les systèmes politiques traditionnels, qui étaient souvent basés sur des structures consensuelles ou des royaumes centralisés, auraient pu évoluer en des formes de gouvernance uniques, potentiellement plus stables et représentatives des volontés des peuples africains qui partagent entre eux de longues traditions communes. Ce ne sont certainement pas quelques variantes mineures qui auraient morcelé le continent en cette diversité incongrue de micro-états expressément affaiblis par l’exacerbation stratégique des différences imaginaires conçues ailleurs ! À cela s’y ajoute la nature même de cette colonisation de pure exploitation profondément « suprematiste » et volontairement nihiliste tant l’humanité des Indigènes était sujet à caution. Extirper l’âme et l’identité de ces corps humanoïdes et y introduire LA CIVILISATION pour enfin, en faire des humains de seconde zone. Dans ce contexte, c’est peu dire si le développement local avait la moindre considération et le moindre intérêt.

Au contraire, une Afrique non colonisée serait restée fière d’elle-même et aurait pu prendre une trajectoire économique différente, se développant peut-être plus lentement mais de manière plus autonome et durable.
C’est toute la dynamique du commerce international qui aurait été significativement modifiée, avec des pays africains agissant en tant que partenaires commerciaux égaux   plutôt   que comme des réservoirs gratuits de matières premières nécessaires et indispensables à l’industrialisation européenne, à moindre frais.
Il est évident que le visage du monde s’en trouverait profondément différent avec un gap industriel moins béant, un développement humain moins disproportionné et sans nulle doute un respect mutuel plus affirmé.

Les pratiques culturelles et les langues africaines, souvent éclipsées par celles des colonisateurs, auraient eu l’espace pour s’épanouir. L’identité africaine pourrait être très différente aujourd’hui, moins influencée par les normes étrangères et plus enracinée dans les traditions locales. Chacune des civilisations se serait enrichie l’une de l’autre sans que l’une cherche à annihiler l’autre.
L’éducation, l’art et la littérature suivraient des trajectoires propres à chaque culture, enrichissant ainsi le patrimoine mondial de l’Humanité.

Une Afrique non colonisée aurait nécessité une approche différente de la part des autres nations, fondée sur le respect mutuel et une diplomatie de parfaite réciprocité. Les dynamiques de pouvoir mondiales pourraient être très différentes, avec des États africains qui jouent un rôle plus central et influent sur la scène internationale du fait de leurs avantages stratégiques en potentiels naturels, miniers, énergétique et démographique, sans compter le positionnement du continent entre l’Europe, l’Asie et les Amérique !

L’histoire non écrite d’une Afrique non colonisée offre un champ fertile pour la spéculation et l’analyse. Bien que nous ne puissions changer le passé, ni expliciter de façon précise ce qui aurait pu être, cette exploration aide à comprendre les répercussions profondes de la colonisation et à reconnaître la résilience et la diversité du continent africain.
Cela souligne également l’importance de regarder vers l’avenir en cherchant à rectifier les déséquilibres historiques et à encourager un développement qui honore l’identité de l’Afrique dans le concert des Nations.

Cet article est un simple exercice purement spéculatif car l’histoire ne se prête pas aux expérimentations et, chaque changement dans son cycle aurait entraîné une chaîne de conséquences imprévisibles.

Néanmoins, il appartient à la Jeunesse Africaine de comprendre d’où elle vient, et, sans aucun esprit de revanche ni de vengeance, même si c’est la mode du moment, savoir éviter les pièges nombreux et sournois auxquels elle sera inévitablement confrontée. Le loup est à la fois dans la bergerie et dans les bois. Le loup de la bergerie est sans aucun doute, le pire fléau, tant il ressemble au berger.
Nous du troisième âge, avons échoué parce qu’il nous a fallu du temps pour démasquer ceux de la bergerie, et puis, il fallait un certain temps pour redresser l’échine trop longtemps sous le poids des semelles oppressantes. À vous de jouer votre partition avec justesse et détermination.
Bonne chance, Jeunesse Africaine.

Simplice Nicoué @PiksAfriqs

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