Liberté et Responsabilité

Il y a des moments où le devoir impose de se poser les vrais questions de société avec courage et sans complaisance aucune.
Le concept de la liberté est bien trop souvent brandi pour se prévaloir de tout et de rien. “Je suis libre, j’ai le droit de faire ce que je veux “
Plus rarement est revendiquée la responsabilité comme pendant de la Liberté brandi fièrement. “Je suis libre mais je ne suis pas responsable de ceci ou de cela, même pas des actes que je pose au nom de ma liberté.“
En somme, chez beaucoup de citoyens du monde, la liberté est un droit sans obligation.
On a le droit de commettre un crime pour ses intérêts ou celui de sa communauté sans se sentir l’obligation d’en payer le prix.
Cela pose le problème de la compréhension de la citoyenneté, de la liberté, et des obligations civiles et bien plus encore.

Mais qu’est-ce donc la Liberté ?
“La liberté est la faculté d’agir selon sa volonté suivant les moyens dont on dispose sans être entravé par le pouvoir d’autrui. Elle est la capacité de se déterminer soi-même à des choix contingents.”

Selon l’adage populaire, la liberté des uns s’arrête où débute celle des autres.
Si la liberté est la manifestation de la volonté individuelle, il n’en demeure pas moins que cette volonté est d’abord limitée par la capacité.
Ce n’est pas parce-que l’on veut que l’on peut.
La vie en société organisée impose des contraintes qui sont autant d’entraves au « laisser-faire » sans bornes.
L’intérêt général étant naturellement prioritaire, peut-on se prévaloir d’être un bon citoyen lorsque l’on tente de substitué l’intérêt personnel à celui du plus grand nombre ?

La morale kantienne commande pourtant l’obligation d’agir comme si la maxime de notre action pouvait être érigée par notre volonté en loi universelle de la nature, je cite : « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle ». Il appelle cette formulation, l’impératif catégorique.

En effet la vie en société implique l’observance de règles générales obligatoires pour toute la communauté. Il ne saurait en être autrement. Car qu’adviendrait-il d’un groupe où chaque individu agit selon ses propres désirs, dussent-ils heurter les autres ? Il va sans dire que cette entité perdrait de ce fait, sa qualité de groupe constitué !
Si chacun faisait la même chose que je fais, cela serait-il profitable ou nuisible à la communauté à laquelle j’appartiens ?
Cette question devrait être le fondement de toute action du citoyen dans la Cité.


Malheureusement nous assistons trop souvent à des comportements qui font peser de lourdes menaces sur l’essence même des valeurs des civilisations de nos sociétés humaines.
La nouvelle logique qui sous-tend les comportements ressemble plus à de l’algorithme robotique qu’à du raisonnement intuitif réfléchi. Au centre de toute cette débauche d’animation désordonnée, trônent les intérêts et les préoccupations d’ordre matériel et financier. L’humain semble avoir été relégué à la périphérie des priorités.

L’intelligence artificielle considérée à priori comme une grande avancée technologique et scientifique risque tout simplement de régenter les nouvelles civilisations humaines dans un rapport inversé où l’homme sera au service de la machine, si des garde-fous rigoureux ne protègent pas la morale humaine et n’accorde pas une place conséquente à l’éthique.

Évidemment dans une civilisation cybernétique toute notion de responsabilité aura totalement disparu au profit du principe de la programmation.
Quel visage aurait alors nos sociétés humaines quand le développement technologique permettra à la machine de pouvoir se programmer elle-même ?

Sans ramer à contre courant du progrès scientifique, fruit de l’intelligence humaine, il me semble primordial de développer d’avantage la notion de responsabilité chez le Citoyen afin qu’une plus grande importance soit accordée à l’éthique. Le monde n’a jamais été aussi dangereusement fragmenté en dépit du concept de la globalisation et du village planétaire.
Ce village est extraordinairement très cloisonné dès lors qu’il s’agit de considérer l’homme comme le centre des préoccupations. Avec une sophistication jamais égalée, la division de classe dans le genre humain a atteint un niveau de perversité insoupçonnée. Il y a ceux qui sont hors de toute responsabilité et ceux qui doivent rentrer dans le rang sous peine de mourir dans la misère avec le sentiment de la fatalité.
Alors qu’il suffit de si peu de chose pour que chacun fasse sienne l’impératif catégorique de Kant chaque fois qu’il opère un choix dans ses désirs du quotidien comme dans sa gouvernance quand il détient une parcelle de pouvoir de la communauté.

Trop de catastrophes et de drames à grande échelle ont impacté le monde sans que les coupables aient eu à en payer le prix de leurs désirs brandis comme nécessités universelles.

L’Irak a été délabré emportant des dizaines de milliers de vies humaines parce qu’un gouvernement a estimé nécessaire d’y mener une guerre pour éliminer des pseudo armes de destruction massive jamais attestées. Personne n’a jamais été mise sur le banc des coupables de mensonges.
S’inspirant de ce précédent d’impunité,  d’autres gouvernements ont orchestré l’élimination du Guide Libyen Mouhamar Kadafi et toute une région d’Afrique en paie aujourd’hui encore les conséquences d’une lubie dévastatrice dont les véritables coupables n’ont jamais été inquiétés.
Que va inventer un prochain gouvernement pour distraire le monde en provoquant une catastrophe planétaire ?

Dans le quotidien de nos interactions, tout le monde veut tout à n’importe quel prix et de toutes les manières sans tenir compte des impacts sur les autres. Tout se passe comme si chaque individu, chaque groupe constitué vit dans une bulle hors du temps et de l’espace communautaire humaine. Les résultats plus que mitigés de la Cop26 en sont une parfaite illustration.
Il se murmure à tort ou à raison, que la COVID19 serait la conséquence de manipulation accidentelle de laboratoire, tout comme en son temps, le VIH SIDA avait été soupçonné de résultats tout aussi accidentels de laboratoire !

Dès lors que les plus hauts dirigeants du monde ne sont jamais mis face à leurs responsabilités, la grande masse des “sans-voix” s’en inspirent et cela devient, comme l’a dit le philosophe Emmanuel Kant, une maxime universelle. La notion de responsabilité morale disparaît progressivement de la société et l’humanité revient au concept de la “raison du plus fort” déguisée en la raison du plus offrant sous l’aspect du positionnement de puissance géopolitique.

De nos jours, toute évocation de la responsabilité renvoie instinctivement, d’abord à la notion de la responsabilité juridique. L’implication morale n’est que rarement et subsidiairement énoncée.
Alors commence le subtile jeu des renvois interminables diluant la responsabilité individuelle. Par exemple, si une tribune s’écroule en tuant des spectateurs, l’architecte dégagera sur le Maître d’œuvres qui lui-même refilera le bébé aux fournisseurs de matériaux qui se retournera vers le financement etc…

Ni Le fabricant de contre façons des matériaux, ni le courtier ou intermédiaire largement, ni le fonctionnaire véreux commissionné ne seront mis face à leur responsabilité. Et de do à fa, tout le monde s’en tirera sans le moindre remord. La seule préoccupation étant de s’en tirer à bon compte ! Au Sénégal, le naufrage du bateau le “DJolla” reliant Dakar la Capitale à la Casamense au Sud du pays, tuant plus de 2000 personnes, est resté impuni à ce jour.
Aucun responsable clairement identifié dans cette hideuse tragédie, c’est juste la faute à “pas de chance”.

Le monde va mal et c’est peu dire ! Encore une fois, l’humanité a largement les moyen de s’auto-détruire sans l’aide de bouleversements climatiques.
Car le véritable bouleversement est plutôt cette régression inébranlable des dirigeants de ce monde en folie qui a sacrifié toutes ces valeurs sur l’autel de cette boulimie de profits insatiables. L’argent, toujours plus encore et encore.
Deux mille ans de civilisation post-pharaonique, c’est sans doute un peu trop pour l’humanité !

S. Nicoué

Un avis sur « Liberté et Responsabilité »

  1. Tres bel article qui ne nous fait nous fait nous remettre en question sur la notion même de la liberté en société.
    Les gens aiment bien mettre en parallèle le fait que pour connaître le bonheur il faut passer par la tristesse.
    Ne serrai ce donc pas le même parallèle qu’il faudrait faire pour le sentiment et l’expression de la liberté?
    Kant disait qu’il n’existe de liberté sans lois. Se sentir libre en société c’est tout d’abord avoir conscience de ce qui est acceptable ou pas pour le bien être de tous.
    Malheureusement beaucoup de gens se cachent derrière leur pseudo libre arbitre sans avoir conscience que leurs actions entraînent des conséquences parfois irréparables, les exemples ne manquent pas dans cet article.
    Espérons que dans un futur proche ou la technologie prend de plus en plus de place dans nos vie, l’altruisme puisse l’emporter sur le pouvoir et l’ego.

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