Pauvre Afrique défigurée !
L’on disait autrefois que sous l’arbre à palabre la sagesse cicatrisait les blessures.
Aujourd’hui, c’est en col blanc que l’on scelle le destin funeste des populations africaines à l’ombre des enceintes feutrées sous le sceaux de la dictature des ego et des intérêts impitoyables.
La solidarité africaine fait place nette à la compétition de qui plaira le mieux aux maîtres.
Comment comprendre cette batterie de sanctions dont on sait pertinemment qui en seront les victimes. Ce n’est pas la Junte au pouvoir et ses collaborateurs qui risquent de voir dans les jours et semaines à venir leur train de vie s’obscurcir.
Qui cherche t-on à punir ? Et pour quelle raison voudrait-on punir ?
Qu’elle différence il y a-t-il entre un coup d’état militaire et un coup d’état constitutionnel ? Tous les deux ne sont-ils pas antidémocratiques ?
De quelle démocratie parle-t-on d’ailleurs ? Il suffit-il d’organiser des semblants d’élections pipées pour se couvrir du manteau de démocrate ?
Mon Dieu, quand va-t-elle prendre fin cette tragi-comédie ?
Voici autant de questions qui décrivent honteusement l’environnement politique encore puéril de l’Afrique infantilisée par des pantins qui refusent obstinément la maturité et la Liberté.
Le Mali est en feu et en sang, et, tout ce que ses voisins trouvent à faire, c’est y déverser des tonnes de kérosène.
Pourquoi tant de cynisme ? pourquoi tant de mépris et de haine ?
Qu’y-a-t-il de mal à changer un remède jugé inefficace ?
Et pourtant, l’on a coutume de dire que quand la case du voisin brûle, même notre urine n’est pas de trop pour l’aider à éteindre le feu !
Au-delà de toutes les émotions, de toutes les frustrations et de toutes les considérations tendancieuses, la raison humaine, la véritable fraternité africaine et la solidarité de sang commandent l’accompagnement et le soutien fraternel en lieu et place de cette comédie destinée à s’attirer les bonnes grâces d’un maître qui n’a d’autres objectifs que ses intérêts pour servir sa propre grandeur pâlissante.
Que gagne le Vaillant et digne peuple du Mali et la sous-région à organiser des élections précipitées et conflictuelles, desquelles sortirait un pantin à la solde du maître !?
En somme, l’on voudrait conserver sa zone de confort parce-que par égocentrisme et par arrogance l’on n’a pas voulu embarquer dans le train d’un monde qui change à grande vitesse. L’évidence est pourtant inéluctable, l’Afrique d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui et encore moins celle de demain. Et cette zone de confort sera de plus en plus ébranlée à mesure que la génération 2.0 émerge avec un nouveau regard dans les rapports à défaut de l’émergence économique tant promise et jamais au rendez-vous. L’on ne pourra guère indéfiniment se prévaloir de sa propre turpitude.
Ce qui doit, sera et personne n’y pourra rien. L’intelligence invite simplement à choisir le mode du changement. Soit se départir du dédain de suprématie et s’engager dans un nouveau paradigme de partenariat gagnant-gagnant, soit s’obstiner dans un conservatisme désuet qui sera balayé plus tôt que tard par la faveur de nouvelles alliances qui se bousculent déjà aux portillons.
Et l’ironie dans tout çà, est que cette triste conspiration ténébreuse de la CEDEAO se tienne au pays de Jerry John Rawlings, Le Vaillant militaire Capitaine qui a sorti le Ghana de la fange où l’avait plongé des civiles politiciens en tout point de vue identiques aux conspirateurs d’aujourd’hui. C’est aussi cela les facéties de l’histoire de l’Afrique dite « moderne » .
Oui en effet !
Ça paraît tellement gros que je ne vois qu’une fuite vers l’avant avec cette tempête de sanctions infligées.
N’est ce pas un blanc sein donné à la junte de maintenir le cap et de les encourager discrètement.
Sur tout le continent c’est la première fois que de telles sanctions pleuvent.
Le Mali ce n’est pas l’Iran. La CEDAO ce n’est pas non plu les USA.
Il faut attendre la réaction de la junte et du peuple malien.
La bataille du peuple n’est pas celle des «corrompus » qui nous dirigent.
Je pense que de tous les chefs d’Etat qui étaient présents il y a au moins un qui peut discrètement expliquer la bonne intelligence de ces décisions.
C’est une nouvelle phase qui s’ouvre vers l’indépendance. Restons optimiste !
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Merci pour ce pertinent commentaire tellement à propos. Ils se sont mis le doigt dans l’œil en se mettant à dos 2 jeunes militaires de 2 pays frontaliers au passé révolutionnaire ! Ils devraient plutôt avoir du soucis à se faire. Je plains les travailleurs des ports d’Abidjan et de Dakar qui servaient de points de débarquement pour le Mali. Le port de Conakry peut se frotter les mains. La Guinée étant exclue des organes de la CEDEAO pour cause de coup d’état, n’est pas liée par ces mesures. Les 2 frontières restent donc ouvertes et le Mali aura accès au Port de Conakry.
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