LÉGITIMITÉ ET LÉGALITÉ,La manipulation crapuleuse en Démocratie tropicale.

La légalité et la légitimité sont deux notions distinctes qui se recoupent parfois, mais ne sont pas toujours synonymes.

La légalité fait référence à la conformité avec la loi. Une action ou une décision est légale si elle respecte les lois et les règlements en vigueur dans une société donnée. La légalité est donc une notion objective et formelle, qui repose sur l’existence de textes juridiques.
La légitimité, en revanche, renvoie à la reconnaissance d’une autorité ou d’une action comme juste et acceptable par la majorité de la population ou par un groupe spécifique. La légitimité est donc une notion plus subjective et normative, qui dépend de la perception et de l’acceptation sociale.

Si pour pratiquer la vertu il faut un minimum de bien-être, on pourrait tout aussi admettre que pour pratiquer la Démocratie, il faut un minimum de seuil d’instruction et d’éducation !
Tout le problème serait alors de s’accorder sur  la barre acceptable. Et là, Force sera de reconnaître la très grande disparité entre les pays d’une même zone géographique en Afrique. Il suffit pour cela de jeter un regard sur les taux de scolarisation, les taux d’échec, et le contenu des programmes scolaires de l’école primaire à la fin du cycle secondaire, dans les pays francophones d’Afrique sub-saharienne pour se faire une idée du travail, comme préalable à accomplir.
Entre les fausses données statistiques publiées, et la réalité du terrain, la vraie question est de se demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle !
Mais devrait-on pour autant continuer d’occulter l’essentiel des conditions objectives indispensables à la pratique de la Démocratie pour se contenter de contrefaçon cousue de contre indications ?

Voici à mon humble avis l’un des verrous essentiels à lever pour pouvoir envisager une véritable refondation de la gouvernance vertueuse en Afrique.
Car nous savons tous comment malicieusement, la confusion s’opère entre la légalité et la légitimité.
La loi c’est la loi, a-t-on coutume d’entendre.
Oui mais, quelle loi ? Faite par qui, pourquoi et pour qui ?
Comme disait l’autre quand ce sont les mêmes qui vendent qui achètent, il y a un gros problème.
Chaque Gouvernant s’entourent, à coup de billets de banque, d’une cohorte de serviteurs zélés pompeusement baptisés députés à l’Assemblée nationale, chargés d’enregistrer des textes savamment rédigés, auxquels il suffit de conférer force de loi pour qu’elles deviennent des lois de la République.
Dans une population peu instruite et peu éduquée où le Fanatisme, l’Ignorance et l’Hypocrisie dominent les esprits bornés expressément formatés, il est aisé de faire admettre aux gens que tout ce qui est légal est forcément légitime.
Au contraire, dans une population avec un seuil minimum d’instruction et d’éducation acceptable il suffirait d’une petite gymnastique intellectuelle à n’importe quel citoyen ordinaire non programmé, pour être en capacité de comprendre qu’une action ou une décision peut être légale mais pas légitime. Et de ce fait elle peut ne pas être acceptée ou reconnue comme juste par la population. Dans une telle configuration, la chose serait difficile pour les Gouvernants légaux mais illégitimes qui usent de la coercition pour faire respecter l’ordre imposé au nom de la loi. Leurs lois légales mais tous aussi illégitimes les unes que les autres, les textes comme leurs auteurs.
Inversement, une action ou une décision d’une frange de la population peut être légitime si elle est considérée comme juste et acceptable par la majorité de la population, même si cela ne respecte pas les lois en vigueur considérées alors comme illégitimes.
Or que font les Gouvernants quand la population se rebelle ? Ils usent de la force publique au nom de la loi pour mater, tuer et réduire au silence.
Ainsi par le jeu de la manipulation, les Gouvernants se donnent sans coup férir, des libertés et des droits de bâillonner qui ils veulent et surtout qui les gênent uniquement en se focalisant sur la légalité occultant avec un cynisme olympien l’éthique, la morale et la volonté populaire.
Cette confusion sciemment utilisée pour maintenir le statu quo et décourager toutes velléités d’alternances éventuelles, vise avant tout à consacrer la toute puissance du Gouvernant du moment en labellisant toutes les oppositions non souhaitées  comme illégitimes ou voire même parfois criminelles.
En instrumentalisant de ce fait les lois, Les régimes illégitimes autoritaires et leurs amis manipulent les Institutions du pays, les supposés Organes de contre-pouvoir  et parfois les Organisations régionales et sous-régionales à leur avantage et prétendent ensuite que leurs actions sont légitimes parce qu’elles sont légales.
C’est ainsi qu’ils tentent  de décrédibiliser leurs Opposants en les  accusant de ne pas respecter les lois taillées sur mesure par leurs couturiers-maison, même quand ceux-ci soulèvent des questions de légitimité morale ou d’éthique.

Or l’Afrique change au galop. Surtout sa population jeune et, de plus en plus éduquée hors du système d’abrutissement collectif imaginé et mis en place par une certaine Afrique d’arrière garde complètement dépassée et restée figée dans un passé certes, pas si vieux, mais sûrement obsolète.
Ce facteur là constitue le puissant levier d’une Afrique nouvelle, avec lequel ne pas composer, implique de grands bouleversements à venir.
Cette population jeune et décomplexée comprend de plus en plus que la légalité est utilisée pour masquer l’illégitimité.
Inévitablement cela mine la confiance dans les institutions et la loi elle-même.
L’évidence que les Gouvernants utilisent cette confusion pour abuser de leurs pouvoirs, tout en maintenant une façade de légalité pour éviter de devoir répondre de leur responsabilité pleine et entière dans l’échec collectif, ne fait plus aucun doute.
Voila ce qui explique de façon éclatante et démonstrative pourquoi les militaires, souvent jeunes, instruits et éduqués, reçoivent un très large soutien inconditionnel des populations, lorsqu’ils décident de rompre l’ordre sulfureux établi, en prenant les pouvoirs d’État, se présentant et aussi, apparaissant aux Populations, comme leurs sauveurs.
Et l’erreur incompréhensible des amis de ces Gouvernants est de refuser malgré les évidences, d’avoir une nouvelle lecture du contexte africain. Les turpitudes aidant, beaucoup d’entre eux se sont tropicalisés plus qu’ils ne veulent l’admettre, mêlant pudiquement mais sans gant, la chose publique aux passades amicales d’ordre privé.

En démocratie, il est crucial que les citoyens restent vigilants à l’égard de cette distinction pour assurer que les lois reflètent non seulement la conformité à des procédures, mais aussi les principes de justice, d’égalité et d’équité.
La Légalité est cruciale pour l’ordre juridique et la prévisibilité dans une société. Elle permet de définir clairement ce qui est permis et ce qui ne l’est pas.
La Légitimité est tout aussi cruciale pour la stabilité sociale et politique. Même si un régime est légalement établi, il peut être instable et sujet à des contestations s’il manque de légitimité, c’est-à-dire s’il lui manque la reconnaissance du Peuple. Et ce ne sont pas les amis de l’extérieur qui confèrent cette légitimité. Car un Gouvernant gouverne des Gouvernés en phases avec leur Gouvernant publiquement reconnu comme tel.

Un avis sur « LÉGITIMITÉ ET LÉGALITÉ,La manipulation crapuleuse en Démocratie tropicale. »

  1. Je dirais « dire Bien » pour ne pas dire  » Bien dit ». Effectivement il y a une nuance entre ces deux notions, sur lesquelles nos soit-disants Gouvernants, bien vrai qu’instruits et éduqués à la gestion de la chose publique, semblent oublier pendant l’exercice de leur pouvoir. C’est d’autant plus aberrant alors qu’ils ont profité d’une éducation et une instruction gracieusement payée pas des décisions légitimes de la génération d’avant eux. Ces décisions légitimes légalement prises l’ont étés, en espérant que cette génération de gouvernants contriburaient par leurs connaissances acquises et leurs  » bonnes expériences », aux renforcements de nos États de Droits dans lesquels les aspirations du peuple passeraient avant tout, dans leurs prises de décisions…

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