LE COMPLEXE D’INFÉRIORITÉ et l’Estime de soi.

L’Estime de Soi et le Complexe d’Infériorité, un violent traumatisme que presque tout le monde fait semblant d’ignorer pudiquement.

L’impact de la « traite négrière » puis de l’esclavage sur les populations africaines est immense tant au niveau individuel que collectif.

Comment ce traumatisme historiques a-t-il façonné nos perceptions de nous-mêmes et comment pouvons-nous, ensemble, surmonter ces blessures du passé ?

Pendant des siècles, le commerce des esclaves et la colonisation ont imposé une vision dégradante des peuples asservis. Ces systèmes n’étaient pas que des oppressions physiques, ils s’attaquaient également à l’esprit, cultivant un sentiment d’infériorité.

Les envahisseurs colonisateurs ont utilisé la propagande, l’éducation, et même la religion pour inculquer l’idée que certains peuples étaient destinés à dominer, tandis que d’autres étaient condamnés à obéir. Je me demande toujours comment le concept de l’esclavage à pu germer dans l’esprit des rédacteurs des « livres saints » des trois religions Abrahamiques pour faire entre autres du Dieu unique, un Dieu qui valide ce crime contre l’humanité qu’est l’esclavage !

Quoiqu’il en soit cette stratégie qui a fait de la religion de l’envahisseur une arme de destruction massive culturelle et identitaire, a laissé une empreinte durable sur les cultures sociales et traditionnelles des peuples réduits en esclavage et ensuite colonisés.

Aujourd’hui encore, les descendants des martyrs de ces systèmes oppressifs portent toujours, consciemment ou non, les stigmates de ces violentes blessures historiques.

Le Complexe d’infériorité : Ce sentiment, souvent intériorisé, nous pousse à sous-estimer nos propres capacités et, à valoriser plus que de raison, les modèles culturels issus des anciennes puissances coloniales.

Le Manque de confiance en soi, voire le déni de nos racines : beaucoup d’entre nous hélas, ressent plus ou moins, selon le degré de réactivité ou d’assimilation, une déconnexion avec nos propres traditions, nos langues et nos cultures, plus ou moins perçues comme de moindre importance, parce-que la « modernité » serait synonyme d’un mimétisme réussi.

Ces effets ne sont pas simplement individuels. Ils se manifestent également à l’échelle collective, freinant ainsi les progrès sociaux, économiques et culturels auxquels tous les peuples aspirent légitimement.

Cependant, ces traumatismes ne définissent pas qui nous sommes. Il nous faut donc reprendre le contrôle de notre estime de nous-mêmes. Cela est possible. D’autres avant nous, l’ont réussi peu ou prou ailleurs. (la Chine et le Japon se sont colonisés alternativement suivant les époques, certaines régions de la Chine ont été colonisées par certains États européens, nous avons tous encore en mémoire la guerre de l’opium !; l’Inde a été colonisée par l’Angleterre, le Vietnam par la France, … etc… Et, plus loin, les Romains ont colonisé plusieurs régions d’Europe dont la France, l’Espagne etc …).

Voici quelques pistes selon moi pour réussir ce gigantesque challenge indispensable :

Nous devons apprendre à mieux connaître notre histoire précoloniale. Il nous faut également mieux comprendre les mécanismes de domination des envahisseurs du passé. Cela permet de déconstruire les récits négatifs sur nos origines. Nous ne devons pas considérer notre douloureuse histoire comme un fardeau, mais au contraire, comme une source de force et de résilience. Cela passe aussi et surtout par la Valorisation de nos cultures diverses et variées, la réhabilitation de nos valeurs traditionnelles : Chaque langue, chaque tradition, chaque expression artistique est une richesse unique qu’il faut porter au rang de patrimoine collectif. Célébrons en effet ce qui fait notre singularité. Magnifier nos modèles positifs devrait être un impératif et une source de fierté identitaire. Inspirons-nous des figures historiques et contemporaines de chez nous et d’ailleurs qui ont réussi à surmonter ces complexes. Qu’il s’agisse de leaders, d’artistes, de créateurs ou de penseurs, leurs parcours peuvent être une source de motivation et servir de référence. Les jeunes générations et celles à venir doivent avoir accès à une éducation qui valorise leurs héritages et leur offre les outils pour s’épanouir. Cela inclut non seulement les connaissances académiques, mais aussi la transmission des savoirs ancestraux, le réapprentissage des langues locales et des valeurs communautaires.

Tout traumatisme est en soi une maladie qu’il faut traiter. La guérison concerne aussi bien l’individu que le collectif. En s’unissant, les communautés peuvent bâtir des projets communs qui renforcent leurs identités et leur fierté, tout en luttant contre les inégalités systémiques.

Ce travail de reconstruction de l’estime de soi est une démarche longue et ardue. Il ne s’agit pas d’effacer le passé, le temps est irréversible, mais de l’assumer pour mieux avancer en l’utilisant comme un levier qui nous porte vers nous-mêmes à la rencontre de notre identité que d’autres ont tenté de dissoudre dans un capharnaüm d’hybridations éparses.

Nous sommes les héritiers d’une histoire de résilience, de résistance et de créativité. Chaque effort pour surmonter ces complexes d’infériorité est une victoire sur le passé et un pas vers un futur où nos enfants pourront se tenir fièrement debout, en pleine possession de leur véritable identité inaliénable.

Le chemin est devant nous, et nous avons tous un rôle à jouer pour écrire cette nouvelle page de notre propre histoire en fermant résolument la parenthèse de celle des envahisseurs.

Alors, permettez-moi de vous poser une question, que choisirez-vous de faire dès à présent pour renforcer votre estime de vous-mêmes et celle de votre communauté en sachant que chaque pas compte, chaque goutte d’eau est utile ?

Rappelez-vous que vous êtes bien plus que ce que l’histoire a voulu vous faire croire. Vous êtes la preuve vivante que les chaînes du passé ne peuvent pas briser l’esprit humain lorsqu’il choisit de se libérer et d’être immortel.

Ensemble, construisons un futur où la dignité, la confiance et la fierté prennent le pas sur les stigmates du passé. Le changement commence ici et maintenant, avec chacun de nous.

Merci de me laisser un commentaire reflétant ta propre opinion sur le sujet. La prospection doit continuer !…

Simplice Nicoué, 30/11/2024.

Un avis sur « LE COMPLEXE D’INFÉRIORITÉ et l’Estime de soi. »

  1. Quel magnifique article qui réveille les sens de l’intégrité d’un peuple vaillant.

    Ça devrait servir d’introduction dans nos livres et leçons d’histoires depuis la crèche à l’école primaire jusqu’aux institutions tertiaires tout en y ajoutant la notion de la promotion du patriotisme et le sens d’unité ; adapté à tous les âges selon les cycles scolaires. Car pour façonner et/ou guérir l’esprit, il faudrait commencer depuis les bases âges pour obtenir le modèle de l’estime de soi et d’intégrité individuel et collectif visé.

    En effet, il n’est pas trop tard, quand il s’agit de notre futur, rien n’est jamais trop tard !!! En évidence ; nous sommes la preuve vivante que les chaînes du passé ne peuvent pas briser l’esprit humain lorsqu’il choisit de se libérer et d’être immortel.

    Kind Regards,

    Mrs Yemisi Donpedro

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